Achievement 1 : embarquer pour 12 heures de vol

(sans hurler, mordre ou pleurer)

Hello à tous,

Comme évoqué dans mon précédent billet ici, je me fixe des petits objectifs pour jalonner l’année de mes fucking 30 ans et m’attacher à ma résolution de finir ce que j’entreprends, de faire moins mais mieux. Donc ce sont mes propres achievements, certains très humbles et ne représentent peut être pas grand chose sur votre échelle perso :)

S’exposer à ses peurs

J’ai une trouille bleue de l’avion, mêlée à une fascination morbide. Ça fait 10 ans exactement que je le  déteste. Pourtant avant j’adorais ça, on se battait avec mes frères et sœur pour être côté hublot, on a eu de la chance d’aller au Canada, à la Réunion…On était ado, on avait peur de rien et surtout pas de mourir.

J’ai eu un accident de minibus en 2005 avec des copines en Afrique qui a complètement bousillé ma hiérarchie du danger, mon niveau de vigilance. J’ai eu un flip de tous les moyens de transport. Des accès de panique dans le métro, des sueurs froides dans le TGV, des crises d’angoisse en bagnole.

Au cours de ces 10 dernières années, je me suis tellement exposée à ces véhicules que j’ai ré-appris à rationaliser, à me convaincre que tout est ok. J’arrive même à m’assoupir en voiture :)

Mais l’avion…

J’ai lu des trucs sur l’aérostress, je connais les statistiques par cœur, je sais comment vole un avion, j’ai fait une thérapie cognitivo-comportementale, j’ai fait du simulateur de vol. En 10 ans je suis allée à Lisbonne, Barcelone, Londres, Dublin, Hanovre, Rome, Venise. Et à chaque fois il a fallu que je m’abrutisse avec du Lexomil pour supporter un vol d’à peine une heure ou deux.

justin_howplanesfly

Je fais de gros cauchemars une semaine avant, tachycardie et tremblements, je suis limite agressive, j’ai l’impression d’avoir signé pour me suicider, je ne gère plus des bouffées d’angoisse qui se multiplient progressivement, j’ai l’impression de devenir complètement folle.

L’instant que je redoute le plus ? Quand l’avion fait une pause en début de piste, avant de mettre les gaz, prêt à décoller. Là, je suis prisonnière, c’est fini, je ne peux plus rien faire pour éviter ça.

Allez hop, tranquillou bilou, en route vers la mort !
Allez hop, tranquillou bilou, en route vers la mort !

Alors c’est Lexomil…déconnexion…coton et quand finalement on atterrit : honte. Parce que c’était si simple. Parce que je ne maîtrise pas mon cerveau, mes pensées. Et que je reste perchée pour les 12 prochaines heures.

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Je ne serai pas handicapée par ma trouille

Je refuse de ne pas voyager sous prétexte d’avoir peur de l’avion. C’est trop con.

On a réservé sur un coup de tête 2 billets pour Los Angeles en A380, wesh gros. Un premier vol pour nous emmener de Lyon à Londres. Puis un second, de 12 heures. Les vacances de Noël m’ont bien occupé l’esprit et j’ai commencé à vraiment flipper cette semaine. A me dire à quel point j’étais conne de ne pas réfléchir, de prendre autant de « risques ».

Au moment où j’écris ce billet, on survole l’Utah et croyez-le, tout va merveilleusement bien. Juste désespérément mal aux genoux et aux fesses après 10h de vol.

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Alors je fixe ce moment. Pour me rappeler que ma peur est irrationnelle et que plus je vais m’exposer à elle, plus je vais la vaincre.

Tellement fière d’être à 11 000m du sol, sur un tas de kérosène. Et d’apprécier ça.

Challenge : faire le vol retour du 15 janvier sans Xanax. 

Edit du 14 janvier :

Je n’ai pas publié directement cet article, parce qu’en arrivant à Los Angeles le 7 janvier dernier, nous avons appris ce qu’il s’était passé à la rédaction de Charlie Hebdo. On était encore dans l’avion en attendant de débarquer et tout le monde consultait son portable en essayant de comprendre, avec quelques heures de décalage. Drôle de sensation qui nous a suivie tout au long de notre semaine aux Etats Unis : on a lu tout ce qui arrivait via les réseaux sociaux, la télé, les journaux. Mais on restait détaché de l’élan collectif. Comme si l’éloignement et le décalage horaire nous déconnectaient de l’effet de groupe pour nous laisser que les faits, plus froidement. Aussi froids que ceux, HORRIBLES, de l’attaque de Boko Haram au Nigeria (lisez cet article du Courrier International. 3 minutes montre en main)

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À propos Coline

Pas de signe distinctif. Humour über alles. Mère, web addict, bosse & boss chez @owlybirdy

3 comments

  1. Eric · 16 janvier 2015 Eric

    Par contre on n’a pas de nouvelles de votre retour depuis quelques dernières photos de la Highway One. L’avion a disparu ?

  2. Daniel gleyzolle · 17 janvier 2015 Daniel

    Super Coline!!!’
    Bizzzz

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