Charge mentale et place de l’homme

 

Semaine du 8 mai 2017, semaine de la charge mentale. Tout le monde a découvert sur les réseaux sociaux le travail invisible de la mère active grâce aux jolies planches d’Emma intitulées « Fallait demander » à découvrir sur son blog ici. 192 000 partages sur les réseaux sociaux, à l’heure où je vous parle, c’est à dire 4 jours après. Voici le lien vers sa publication Facebook si vous souhaitez ré-actualiser ce chiffre et voir à quel point ce sujet a touché les français(e)s.

> Notez qu’il faut prendre connaissance de sa bd avant de lire la suite, je ne vais pas la parapher.

Je suis une femme.

Je partage tout à fait sa réflexion sur cette (sur)charge mentale, et je ne vais parler que de mon expérience, moi, régulièrement sujette à la fatigue décisionnelle. C’était le cas quand j’étais en couple, ça l’est tout autant seule, ni plus ni moins. Depuis que nous, femmes, devons exceller au foyer, dans nos relations sociales, dans un maillot de bain taille 36, au pieu, dans notre carrière pour faire péter le plafond de verre : difficile de s’en défaire sans culpabiliser, ou se sentir faible.

« On a voulu la parité, on l’a eu », hinhin.

Je suis relativement féministe et cette conviction s’est renforcée depuis que j’ai accouché d’une fille. Pourquoi, à cause d’arguments et d’idées subliminales et souvent involontaires de la part de la société dans laquelle elle baigne, n’aurait-elle pas le droit d’être aussi ambitieuse et épanouie qu’un homme ? Pourquoi est-elle, à 6 ans, profondément résignée attirée par le « care » plutôt que le « lead » ? Pourquoi s’inquiète t’elle de me voir vivre « sans un mari pour m’aider » ? Couic. Good bye 1900 hello 2017.

Pourquoi se prépare-t’elle dès son plus jeune âge à devoir faire face à la charge mentale de tenter de tout gérer ? Ça me révolte, c’est injuste. Mais la façon dont on cloue les pères au pilori n’est pas 100% honnête non plus.

Panique chez l’apprenti papa poule.

Mettons-nous 30 secondes à la place d’un homme de 30/40 ans. Le mec ne sait plus où se mettre. Il a l’image de son père et son grand père, chefs de famille, qui décident des grandes orientations familiales mais qui laissent la gestion et l’application des directives à sa femme. Soit, c’est rétrograde. On ne veut plus de ça, on est d’accord. C’est une position has been du pouvoir, ou de la virilité.

De toute façon ce sont les gosses qui dirigent, soyons honnêtes.
De toute façon ce sont les gosses qui dirigent, soyons honnêtes.

Aujourd’hui, on lui suggère de faire de l’haptonomie dès les 4 mois de grossesse de sa femme pour entrer en contact avec le futur enfant. On lui suggère d’apprendre à donner le bain, changer une couche, balader sa progéniture en porte bébé et surtout de prendre des initiatives concrètes pour la vie du foyer. On lui suggère aussi de ressentir tout ce que ressent une nouvelle mère.

On lui suggère beaucoup de choses. Parfois avec plus ou moins de pincettes et de tolérance. Qu’il en soit capable ou non est un autre débat.

Question

Seulement, nous ne sommes plus comme nos mères. Nous sommes indépendantes, autonomes, libérées, nous gérons cette charge mentale si bien décrite cette semaine, ouf il était temps. Et nous exigeons très logiquement de la partager. Mais, est-ce que nous pouvons faire peur ? Est-ce que ça peut donner le sentiment à l’homme d’être naze, out of the game, pas à la hauteur ? Au point de se positionner comme « assistant », jonglant entre les anciennes images de la virilité et les nouvelles dont les contours sont flous ? Est-ce que l’homme, le père, a le cul entre deux chaises ? C’est mon sentiment.

Et j’éprouve un peu de compassion pour lui. J’aimerais pas être à sa place.

Selon moi l’homme de 30/40 est dans de beaux draps, coincé encore pour une petite génération entre deux mondes. On peut lui en vouloir, pour plein de choses. Mais la pression qu’on reçoit, nous les femmes, on lui renvoie en pleine face.

Résolution

Je ne sais pas ce que doit être l’homme 2017. Ni ce qu’il souhaite réellement, vu que je n’en suis pas un. Ce que je ressens en revanche c’est que le foyer 2017 est une cocotte minute où la pression est quasi insoutenable pour tous. Qui veut quoi ? Qu’est ce qu’on attend de l’autre ? Ça fait flipper, on parle même plus d’amour. Et qui trinque ? Les enfants et leur modèle parental : une mère épuisée et d’un père paumé.

Si on arrêtait tous de se mettre une pression d’enfer pour être au top sur tous les plans ? Si on arrêtait de se comparer à la famille d’à côté ou pire à la famille des pseudo études de magazines pourris ? Et si on s’aimait pour ce qu’on était et non ce qu’on faisait ? Et si on disait que la pression venait de l’extérieur et qu’on allait faire sa petite tambouille en interne pour trouver des accords bilatéraux ?

(couic)

« Y’a qu’à faut qu’on », je sais.

Signé une femme qui vit avec un chat ;)

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À propos Coline

Pas de signe distinctif. Humour über alles. Mère, web addict, bosse & boss chez @owlybirdy

8 comments

  1. Olivier · 13 mai 2017 Olivier

    Bravo, excellent texte!

  2. Philippe · 14 mai 2017 Philippe

    Très bon Coline, très bien senti ton texte ! Merci

  3. ClairettedeDie69 · 14 mai 2017 ClairettedeDie69

    Bien senti, et bien vu, tu as mis des mots sur Les sentiment confus que j’avais en lisant l’article/BD d’origine (dans lequel je me suis cependant tout à fait reconnue). « Mon moitié » n’est pas parfait (moi non plus) et je comprends qu’il se débat un peu dans toutes ces/ses contradictions… mais il a le mérite d’être là et d’essayer de faire de son mieux. Que justice lui soit rendue !

    • Coline · 14 mai 2017 Coline

      Merci d’avoir pris le temps de déposer un commentaire. Oui rien n’est noir ou blanc sur ce sujet, on vit une révolution du couple et j’espère qu’on sera assez fort pour la dépasser…et transmettre de bons codes à nos enfants !
      <3

  4. Noiram · 14 mai 2017 Noiram

    Ça me parle tellement… ça fait du bien d’entendre ces choses, que je suis moins seule! Merci pour l’article

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