Pourquoi la génération Y n’est pas heureuse.

UPDATE du 4 février : coquilles de traduction, merci à tous pour vos corrections. Nouveaux lecteurs, je vous suggère vivement de prendre le temps de lire les commentaires sous cet article. Notamment celui de Souche, pour nourrir la réflexion… Coline

Hello !

Cette semaine on m’a partagé un article en anglais que j’ai trouvé génial. En fait je me retrouve dans beaucoup de points et ça m’aide un peu à me dire qu’il faut que j’évolue et que je remette les priorités là où elles devraient être.

Ça parle de nos attentes, à nous, la génération Y, née entre la fin des années 70 et le milieu des années 90. Nos attentes qui sont pas en accord avec la réalité, et c’est ce qui nous fait souffrir. (Procrastination, burn-out, désenchantement, exigence, estime de soi level zero, etc…vous voyez.)

Alors j’ai traduit l’article que Tim Urban a écrit sur le super site Wait But Why. Si vous lisez l’anglais, je vous en conjure, cliquez sur le lien pour la version originale. Ma traduction pas géante en français est ci-dessous. N’hésitez pas à me suggérer des modifs et SURTOUT m’alerter si vous détectez un contresens.

Bonne lecture ! (6 minutes environ : installez vous tranquillement :) Et merci Fabrice de nous avoir partagé cette réflexion…

Pourquoi les Yuppies de la génération Y ne sont pas heureux

par Tim Urban

Dites bonjour à Lucy.

Lucy-wait-but-why-cooline

Lucy appartient à la génération Y, la génération née entre la fin des années 70 et la moitié des années 90. Lucy appartient également à la culture Yuppie (Young Professional Urban) qui représente une grande partie de cette génération Y.

J’ai un mot pour les Yuppies appartenant à la Génération Y, je les appelle Gen Y Protagonists & Special Yuppies, ou GYPSYs. Un GYPSY est un type de Yuppie, quelqu’un qui pense qu’il est le personnage principal d’une histoire très spéciale.

Donc Lucy aime sa vie de GYPSY et elle est super contente d’être elle-même.

Le seul problème : Lucy semble malheureuse.

Pour comprendre véritablement pourquoi, il faut d’abord définir ce qui rend quelqu’un heureux ou malheureux. Et ça peut se résumer à une formule très simple :

H=R-E-waitbutwhy-cooline

Bonheur = réalité moins les attentes

C’est assez simple : lorsque la réalité est meilleure que ce qu’on a prévu, on est heureux. Quand la réalité n’est pas à la hauteur de ce qu’on attend, on est malheureux.

Pour étoffer le contexte, ajoutons les parents de Lucy :

Lucy-Parents-Waitbutwhy-cooline

Les parents de Lucy sont nés dans les années 50, ce sont des baby-boomers. Ils ont eux-mêmes été élevés par les grands parents de Lucy, membres de la GI Génération aka « La Grande Génération » qui a connu la Grande Dépression et a combattu pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ils n’étaient définitivement pas des GYPSYs.

Lucy-Grandparents-waitbutwhy-cooline

Les grands parents de Lucy, issus de l’ère de la Dépression (économique !) étaient obsédés par la sécurité financière et ont élevé leurs propres enfants dans la recherche d’une carrière pratique et sécurisée, stable. Lucy’s Depression Era grandparents were obsessed with economic security and raised her parents to build practical, secure careers.

Ils souhaitaient que leurs enfants aient une carrière plus florissante que la leur, et ces derniers ont été amenés à envisager un cadre professionnel stable et prospère.

Un peu comme ça :

green-grass-waitbutwhy-cooline

On leur a appris que rien ne pouvait les empêcher d’atteindre ce luxuriant pré vert que représentait une bonne carrière mais qu’ils devraient y mettre des années de dur labeur pour y arriver.

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Après avoir cessé d’être d’insupportables hippies, les parents de Lucy ont débuté leur carrière. Alors que les années 70, 80, 90 se déroulaient, le monde est entré dans une période de prospérité sans précédent. Les parents de Lucy ont bien plus réussi qu’escompté. Ils sont devenus plus heureux et optimistes.

parent-reality-waitbutwhy-cooline

En expérimentant une vie plus positive et douce que celle de la génération précédente, les parents de Lucy ont élevé leur fille dans un climat d’optimisme et de possibilités illimitées. Et ils n’étaient pas seuls. Les Baby Boomers de tout le pays (Etats Unis) ont dit à leurs enfants de la génération Y qu’ils pourraient être tout ce qu’ils voulaient être, leur inculquant bien profondément qu’ils pouvaient jouer un rôle de premier plan.

Cela a conduit les GYPSYs (c’est à dire NOUS, nés entre fin 70 et mi 90 pour rappel) à porter énormément d’espoir dans ses possibilités de carrière. Au point où l’objectif initial des parents (avoir un pré bien vert, prospère et sécuritaire) n’avait plus d’écho chez eux. L’herbe de tout GYPSY est verte AVEC des fleurs.

flowers-waitbutwhy-cooline

Ce qui nous amène à une première caractéristique des GYPSYs :

Les GYPSYS sont très ambitieux.

J'imagine que je pourrais être Président. Mais est-ce que la politique est vraiment ma vocation, un appel du coeur ?  Non...non ça serait "stagner" (pas certaine de ma trad..)
J’imagine que je pourrais être Président. Mais est-ce que la politique est vraiment ma vocation, un appel du coeur ? Non…non ça serait « stagner » / planplan (pas certaine de ma trad..)

Le GYPSY a besoin de beaucoup plus qu’un champ verdoyant prospère et stable. Car un champ verdoyant n’est en fait pas très exceptionnel ou unique pour un GYPSY. Les Baby Boomers voulaient le rêve américain, les GYPSY veulent vivre leur propre rêve personnel.

Cal Newport note que la phrase « Suivez vos passions » est LE slogan qui dure depuis les 20 dernières années, selon Google Ngram viewer, un outil qui fait ressortir les occurrences d’une phrase sur tous les supports papier (en anglais) sur n’importe quelle période. Ce même outil montre que « a secure career » est autant passé de mode que «carrière enrichissante » est devenu tendance.

a-fulfilling-career-WaitButWhy-Cooline a-secure-career-WaitButWhy-Cooline

Pour être clair, les GYPSYs veulent la prospérité économique tout autant que leurs parents, mais ils veulent également s’épanouir dans leur vie professionnelle et ça c’est nouveau.

Mais autre chose s’est également produit. Alors que les objectifs de carrière de la génération Y dans son ensemble sont devenus beaucoup plus élevés et précis, Lucy a également reçu un deuxième message pendant son enfance :

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C’est le moment d’introduire la seconde caractéristique des GYPSYs :

Ils vivent dans l’illusion (They’re delusional)

« Bien sûr », Lucy le sait « tout le monde va y arriver et tout le monde aura une belle vie professionnelle, mais comme je suis exceptionnellement merveilleuse, ma carrière et ma vie en générale sera au dessus de la masse ».

Donc en plus d’avoir l’objectif d’un beau pré verdoyant ET fleuri, chaque individu de cette génération GYPSY pense qu’il est destiné à une meilleure carrière qu’un autre.

Elle veut une licorne brillante dans un pré fleuri et verdoyant.

unicorn-waitbutwhy-cooline

Alors pourquoi est-ce illusoire ? Parce que c’est ce que tous les GYPSYs pensent. Et que c’est donc à l’encontre de la notion de « special »

spe-cial| ‘speSHel / 
adjectif : mieux ou différent de l’ordinaire

Selon cette définition, on peut affirmer que la plupart des gens ne sont pas spéciaux, ou alors «spécial» ne veut rien dire.

Même en lisant ceci, les membres de la génération Y se disent « Ok, vrai, mais parmi eux je fais quand même partie des personnes vraiment particulières, spéciales » et c’est bien le problème.

La seconde désillusion du GYPSY se produit quand celui-ci arrive sur le marché de l’emploi. Alors que les attentes des parents de Lucy étaient de faire carrière après des années de travail acharné, Lucy, elle, considère qu’une grande carrière est normale pour quelqu’un d’aussi exceptionnel qu’elle et que c’est juste une histoire de temps et de choix de sa voie.

Ses attentes de future employée ressemblent à peu près à ça :

GYPSY-expectation-WaitButWhy-Cooline

Malheureusement, la chose marrante à propos de ce monde, c’est qu’il ne s’avère pas être si simple que ça, et le truc étrange au sujet des carrières, c’est que c’est en fait assez difficile.

Les grandes carrières se font sur des années, dans le sang la sueur et les larmes, même celles qui n’ont ni fleurs ni licornes et les personnes qui sont des modèles de réussite ont rarement percé dès leurs 20 ans.

Mais les GYPSYs ne sont pas du genre à accepter ça !

Paul Harvey, un expert des GYPSY et prof de l’université du New Hampshire, a fait des recherches là dessus et a trouvé que la génération Y a « des attentes irréelles et une forte résistance à la critique même constructive » et ont «une image surdimensionnée d’eux mêmes » (ego ? – ndlr) Gen Y has “unrealistic expectations and a strong resistance toward accepting negative feedback,” and “an inflated view of oneself.”
Il dit également « qu’une forte source de frustration chez ces gens possédant un strong sense of entitlement (le sentiment d’avoir le droit, d’être légitime) provient des attentes non-satisfaites. Ils croient souvent mériter un niveau de respect et de récompenses qui n’est en fait pas en phase avec leurs efforts et leurs capacités actuelles, d’où une faible probabilité d’atteindre ce niveau de reconnaissance qu’ils attendent. »

Pour ceux qui embaucheraient des gens de la génération Y, Harvey suggère de poser ce genre de question en entretien : « Est-ce que vous avez généralement l’impression d’être supérieur à vos collègues, camarades de classe et si oui, pourquoi ? » Il ajoute que « si le candidat répond oui à la première question mais n’arrive pas à expliquer pourquoi, il y a peut être un problème vis à vis de ce sentiment que les choses lui reviennent de plein droit (entitlement) »

Parce que le sentiment que ça nous revient de droit (entitlement) est souvent basé sur une perception de supériorité et de mérite qui n’est pas fondée.
Ils ont été amenés à croire, parfois suite à des exercices de renforcement de la confiance en soi effectués dans leur jeunesse avec un peu trop de zèle, qu’ils étaient spéciaux, mais n’ont souvent aucune façon de justifier cette croyance.

Et comme le monde réel a le culot de prendre le mérite comme un facteur de réussite, quelques années après la fac, Lucy se trouve ici :

looking-up-waitbutwhy-cooline

Son ambition extrême, couplée à l’arrogance venue en même temps que son estime de soi mise à mal, ont laissé Lucy avec un niveau d’attentes très élevé dès les premières années en dehors de la fac. Et la réalité n’a rien à voir avec ses attentes ce qui laisse son équation de bonheur «  réalité – attentes » tomber en négatif.

Et c’est pire encore. En plus de tout ça, les GISPYs ont un problème supplémentaire partagé par l’ensemble de leur génération :

Les GISPYs se sentent provoqués (they are taunted)

Bien sûr, certaines personnes du lycée ou de la fac que fréquentaient les parents de Lucy ont mieux réussi que les parents de Lucy.
Et même si de temps en temps ils entendaient des choses et avaient des nouvelles, la plupart ne savaient pas ce qu’il se passait vraiment dans la vie professionnelle des autres.

Lucy, elle, se sent constamment rabaissée par un phénomène moderne : le Facebook Image Crafting. (Construire son image de toute pièce sur les réseaux sociaux pour que nos contacts croient que notre vie est top – ndlr) (Image Crafting. The author wants to affect the way people think of her.)

Les réseaux sociaux ont créé un monde pour Lucy où :

a) – tout ce que font les autres est visible par tous
b) – la plupart des gens présente une version gonflée de leur propre existence
c) – les personnes qui font miroiter leur vie professionnelle sont généralement ceux qui réussissent alors que ceux qui luttent ne parlent pas vraiment leur situation

(je mets ce paragraphe en orange parce que je me jure de revenir plus longuement sur ce sujet, c’est trop important – ndlr)
Ce qui laisse à Lucy le sentiment (faux) que tout se passe bien pour tout le monde et ça abreuve sa propre détresse :

taunted-waitbutwhy-cooline
C’est pour cela que Lucy est malheureuse ou se sent frustrée ou pas en adéquation. En fait, elle a peut être très bien débuté sa vie professionnelle mais pour elle, ça lui semble vraiment décevant.

Voici les conseils pour Lucy :

1/ reste férocement ambitieuse. Le monde actuel bouillonne d’opportunités d’atteindre un succès florissant et enrichissant pour les personnes ambitieuses.

2/ Arrête de penser que tu es spéciale. Le fait est que, à cet instant, tu n’es pas spéciale. Tu es juste une autre jeune personne inexpérimentée qui n’a pas grand chose à proposer pour l’instant. Tu peux devenir spéciale en travaillant dur et longtemps.

3/ Ignore tous les autres. Que l’herbe paraisse plus verte dans le champ d’à côté n’est pas un nouveau concept mais dans notre monde actuel où on met notre vie en scène, l’herbe du champ du voisin ressemble même à une magnifique prairie. La vérité c’est que tous les autres doutent d’eux-mêmes, sont aussi indécis, frustrés que toi et que si tu fais juste ce que tu as à faire, tu n’auras plus jamais aucune raison d’envier les autres.

À propos Coline

Pas de signe distinctif. Humour über alles. Mère, web addict, bosse & boss chez @owlybirdy

32 comments

  1. Christophe · 1 février 2015 Christophe

    Très bon article.
    Mais juste une interrogation… D’après la « littérature », la génération Y est plutôt née entre les années 1980 et 2000, tandis que la génération X est la précédente, des années 60 à 80.
    Alors, qui dit vrai? Je me sens profondément Y, mais né au milieu des 70′
    Suis perdu.

  2. Sizel · 1 février 2015 Sizel

    Bien qu’appartenant à la génération Y, hormis le manque de confiance et l’envie de m’épanouir (dans mon travail ou grâce à un mi-temps), je me retrouve assez peu dans l’article !

    Je pense que c’est en grande partie parce que ma maman (et mon père dans une mesure différente) n’a pas eu une vie professionnelle digne d’un prés en fleur, du coup mon sens des réalités est certainement plus proche de la situation actuelle !

  3. Alagrita · 1 février 2015 Alagrita

    Oh merde…
    Ca explique une grande partie de ma vie

  4. chaline · 1 février 2015 chaline

    Et si justement cette génération Y n existait tout simplement pas? Parce entre ses états d’âme et ceux des différentes jeunesses trouvées dans la litterature, à la recherche d absolus inatteignables depuis le 18e siècle. Je ne bois rien de nouveau… Peut être que ce qui coincé c est le manque de culture (ce qui nous aide à affronter le réel, justement…)

    • kevin · 8 avril 2015 kevin

      Merci,vos propos sont tout à fait pertinents.
      Je rajouterai que beaucoup d’êtres humains ont oublié la notion de rester fidèles à leurs principes.
      Cela peut paraître hors-sujet mais je pense que tout cela est lié.
      Beaucoup se disent respectueux mais s’énervent à la moindre provocation ou encore au volant à la moindre perturbation.
      D’autres se disent intègres et changent de personnalité selon qu’il soit en famille,au travail,entre amis ou avec leur femme/mari.
      Ne parlons pas de la fidélité(même amicale),de l’empathie,de savoir rire de soi-même et de l’amour…etc.
      Pour ce dernier je vois beaucoup de couples qui se disent amoureux mais chacun pense de son coté que c’est à l’autre de mettre du bonheur dans leur vie.ils vivent l’amour SOUS condition(je t’aime parce que tu me rends heureux) .Alors que l’amour SANS condition c’est se demander tous les jours comment rendre son conjoint heureux.(je t’aime,comment te rendre plus heureux?)
      Bref je dis ça et je prends sur moi pour respecter ses principes avec ferveur mais chaque jour je n’arrive pas à tous les respecter,preuve que je n’ai effectivement rien de spécial et comme tous les humains je faute chaque jour de ma vie.
      Tant mieux ,le chemin vers la sagesse est long et plus je m’instruis plus je mesure l’immensité de ma bêtise et de mon ignorance.Et ça me rend humble de jour en jour,l’humilité,encore un principe à mettre en valeur.
      Tout cela pour dire,et là je m’adresse à ceux qui cherchent à comprendre pourquoi ils ne réussissent pas dans leur vie professionnelle.Arrêtez de chercher des raisons extérieures à vos problèmes .Vous ne pourrez rien faire contre la crise économique,la guerre,les maladies…Par contre vous pouvez-vous battre contre vous même ,cherchez des raisons intérieures à vos problèmes et ainsi progresser et devenir quelqu’un de bien(ce qui est bien mieux qu’être spécial).L’important c’est d’être heureux et d’être quelqu’un de bien.

  5. romain blachier · 1 février 2015 romain

    je confirme pour le stagner de la traduction. Sinon article intéressant car démontant aussi un certain mythe ‘on me doit tout » ‘je suis spécial » « JE »

  6. romain blachier · 1 février 2015 romain

    (petite nuance par contre le ‘va sans trop écouter les autres’ me semble un peu vite résumer une méthode de travail pas judicieuse en tout mais bon)

  7. Pierre · 1 février 2015 Pierre

    Jsuis pas tout a fait d’accord avec la definition temporelle de la génération Y. Pour moi la fenêtre n’est pas aussi large. Fin des années 70 c’est encore la génération X

  8. Tom · 1 février 2015 Tom

    Je ne suis pas vraiment d’accord avec cet article (même la version anglaise) pour une bonne raison, c’est qu’il mélange deux problèmes de deux générations différentes.
    Pour l’auteur il y a trois générations GI, Baby boomer et Y, hors d’après de nombreuses études sur ce sujet là il y a une autre génération entre celle du baby boomer et la Y celle qu’on nomme X son nom vient du fait que contrairement aux précédentes générations qui ont de grands événements (guerre mondiale, première crise économique mondiale). Celle-ci n’a connu d’événement de la même ampleur d’où le X pour quelconque et d’où le Y pour la génération suivante. Cette génération X se situe entre les années 60 et le début/milieu des années 80 (les périodes ne sont pas exactement fixé surtout pour la fin).

    Ce qui fait que l’auteur deux symptômes de deux générations différentes les arguments concernant les deux premières parties appartiennent à la génération X mais la dernière partie avec facebook est celle de la génération Y qui a connu facebook entre 15 et 25 ans alors que la génération X ce serait plutôt entre 35 et 45 ans (environ). La principale différence entre X et Y est que X contrairement à Y a vécu son enfance dans un monde prospère et de croissance mais avec la menace planante de la guerre froide entre l’URSS et les Etats-Unis. Ce qui fait qu’à moins que les parents du Y est caché la réalité du monde à leur enfant l’y sache déjà ce qui l’attend plus tard. De plus la génération Y est la première génération dite « digital native » c’est à dire que c’est la première génération à avoir eu massivement un ordinateur entre les mains.

    Si vous voulez de plus amples informations je vous invite à faire des recherches sur Internet mais ne vous contenez pas d’un seul article.

  9. Jeb · 1 février 2015 Jeb

    Super article, j’avais en projet de le traduire aussi :)

    D’ailleurs tout ce blog est une véritable mine d’or, chaque post est plus passionnant que le précédent. J’ai récemment traduit un de mes préférés, si ca intéresse les gens qui ont aimé celui-ci : http://noub.net/2014/11/02/la-vie-est-une-image-mais-vous-vivez-dans-un-pixel/

  10. Souche · 1 février 2015 Souche

    Bonjour,

    Je me permets de vous transmettre la réponse du site Mother Jones à l’article américain que vous avez traduit ici : http://www.motherjones.com/politics/2013/09/generation-y-millennials-entitled-poor

    En substance, il explique que le fameux « état d’esprit hyper-individualiste et déconnecté de la réalité de la génération Y » est un faux problème, défendu par des analystes avides de catégoriser les plus jeunes générations du côté des fainéants et des enfants gâtés.
    Ça a été le cas pour toutes les générations d’avant et ce le sera pour celles après nous : les derniers arrivés ont toujours tort, sont prétentieux, n’ont pas le sens des réalité, ne veulent pas faire d’efforts… etc.
    Cet article est en somme un sympathique grognement conservateur sur l’air du « C’était mieux avant », avec en prime cette petite pointe de joyeuse condescendance primesautière qui lui fait s’adresser à son lecteur comme à un enfant de 6 ans : avec de jolis dessins.

    Oui parce qu’il est con en plus le GYPSY, c’est bien connu. S’il n’a pas des licornes et des bonhommes dessinés avec les pieds il se barre en milieu d’article.
    Alors plutôt que de lui pondre une analyse un peu pointue et honnête sur l’évolution des différents paradigmes économiques des 60 dernières années mettons lui des putains de fleurs Paint© et des caricatures dégueulasses.
    Au lieu de prendre en compte le fait que les inégalités n’ont jamais été aussi élevées et insupportables (http://www.alterechos.be/fil-infos/inegalites-records-entre-riches-et-pauvres-depuis-30-ans)
    ou que le taux de productivité des entreprises n’a jamais été aussi déconnecté de la grille de salaire (http://stateofworkingamerica.org/chart/swa-wages-figure-4u-change-total-economy/)
    expliquons lui que c’est de sa faute !

    Quel demeuré aussi le jeune, de vouloir faire des études et avoir un travail gratifiant, là où il aurait pu, comme papi, se casser le cul toute sa vie dans un travail d’usine abrutissant (Ah oui, non, merde, il peut même pas : http://data.lesechos.fr/pays-indicateur/france/part-de-lindustrie-dans-le-pib.html) ou, comme papa, se bio-dégrader à feu doux dans un job de bureau inutile et dévalorisant (http://www.liberation.fr/societe/2013/08/28/y-a-t-il-un-phenomene-des-jobs-a-la-con_927711).

    Alors montrons lui la voie de la sagesse. Apprenons lui à prendre ce qu’on lui donne et à se taire, à s’estimer heureux comme ça et à continuer à consommer. Parce qu’après tout, ses parents et grand-parents n’ont pas sacrifié leur propre épanouissement sur l’autel de l’avancement des générations, hein!

    Bon je vais arrêter là parce que je me relis et je n’aime pas du tout le ton que je suis en train prendre.
    Je suis sincèrement désolé si j’ai été blessant. Vraiment. C’est pas le but.
    Je n’ai rien contre vous et vous aviez probablement les meilleurs intentions du monde en traduisant cet article, qui a du faire résonner quelque chose en vous qui vous a semblé juste et sincère. Et si cet article nous permet d’en discuter et d’avoir un échange humble et honnête sur ce sujet alors on a tous gagné.

    Comprenez simplement à quel point il est exaspérant – et blessant aussi – de se faire expliquer ses malheurs par des généralisations simplistes qui vous mettent au cœur du problème en oubliant tout le reste, tout le contexte.

    La génération Y – si tant est qu’elle existe en tant que phénomène sociologique concret (c’est à dire ailleurs que dans les livres que les analystes retors vendent à tour de bras à des vieux qui ont peur des jeunes et à des jeunes en mal d’identification ) – n’est ni pire ni meilleure que les autres. Elle comprend bien évidemment son lot de fainéants, de super-ambitieux et d’irréalistes, comme toutes celles qui l’ont précédées. Mais après tout, est ce que ce n’est pas l’apanage de la jeunesse de tout temps, d’être ambitieuse et irréaliste ?

    D’autres part, si elle est si malheureuse, la génération Y, est-ce seulement parce qu’elle échoue dans ses ambitions surdimensionnées ? Ou est-ce aussi parce qu’il s’agit – grâce à internet et au réseaux sociaux – de la génération la plus cultivées, la plus connectées au monde et à la réalité ? Celle qui se bouffe de pleine face les horreurs du monde entier tous les matins, celle qui assiste impuissante aux conséquences irréversibles de cataclysmes écologiques qu’elle n’a pas initiées, celle qui témoigne de l’effondrement inéluctable d’un système économique destructeur et avilissant sur lequel on avait prévu de la nourrir, celle qui constate l’érosion quotidienne de la démocratie et la propagation rampante de la corruption, du populisme, des extrémismes, du nationalisme et de l’entre-soi contre lequel ses grands-parents avaient tant lutter ?
    Et si toutes les générations sont confrontées à ces problèmes, la plus jeune génération n’est-elle pas la seule qui ne peut pas se dire qu’au moins elle ne sera plus là pour voir ça ?

    Alors si vous vous interrogez sincèrement sur les malheurs de la génération Y, commencez peut-être par vous demander : depuis combien de temps n’a-t-elle pas vu de vraie bonne nouvelle concernant son avenir, la nouvelle génération ?

    • Ben · 1 février 2015 Ben

      Merci Souche, très bonne réponse !!

      • JeF · 31 juillet 2015 JeF

        Ton analyse me ravit. J’ai un peu plus de 50 ans, j’avais 18 ans quand mes copains s’étaient rendus à la manifestation contre le sur-régénérateur de Creys-Malville, nous étions révolutionnaires, nous faisions partie des jeunes de l’après 68, nous nous sentions investis d’une énorme responsabilité écologique, politique, nous avions tellement d’idées à défendre toute neuves….et tellement utopiques !
        Grâce à l’information tout azimut que l’on peut trouver sur les réseaux sociaux ; par exemple, les pétitions sont aujourd’hui monnaie courante, promues en un instant par un clic de souris…et il y en a tellement qu’elles se sont désacralisées !
        Devant « l’énormité », l’immense tâche pour reconstruire un monde qui ressemble enfin aux rêves de ces générations X et Y, il y a forcément détresse ! Même si certains se battent pour des alternatives, parce qu’ils y croient encore – ils croient à une sixième république, ils croient à de nouveaux visages politiques, de nouveaux modèles économiques, de nouveaux paradigme – d’autres baissent les bras…L’humanité toute entière est au cœur d’un grand bouleversement…j’imagine l’écart entre les valeurs que nous avions, les préceptes que nous combattions et le manque d’illusions actuel. Les mondes de la finance et de la politique montrent au grand jour leurs visages pourris et dégradant. Ma fille Y artiste, échappe aux désillusions par le théatre de rue, les interventions plastiques…

    • Laure · 3 février 2015 Laure

      Je suis d’accord avec toi Souche.

      Personnellement, j’ai été choquée par certaines affirmations de l’article. La génération Y pleine d’illusions et égocentrique? Cela ne correspond pas à ce que je vois autour de moi.

      Personnellement, je vois juste une génération qui a la chance d’être plus éduquée grâce à des études plus accessibles et qui, en conséquence et en toute logique, attend un travail à la hauteur de ses compétences. Quand on n’arrive pas à décrocher un contrat après plusieurs années d’études (entre autres), il est tout à fait normal d’être malheureux! Cela ne veut pas dire qu’on est plein d’illusions pour autant.

      Pour moi, la principale raison du mal-être de cette génération vient de la frustration ressentie par le décalage entre le niveau de vie de leurs parents (celui qu’ils ont eu étant enfant) et la leur (celui qu’ils ont une fois adulte).

    • marion nette · 4 février 2015 marion

      il en faut des lectures de commentaires avt d’arriver a toi! commentaire dont j’ai trouve le contenu bien plus interressant et pertinent que l’article en lui meme. l’avt dernier paragraphe resume tres bien ce que malheureusement nous ne pouvons que constater, impuissants….. merci la souche…..

    • Susie · 27 février 2015 Susie

      Super commentaire Souche, j’arrive un peu tard sur l’article mais ton observation est bien plus pertinente et nous en apprend bien plus sur notre situation actuelle que l’article en lui-même, en effet. Tu as su vraiment capter la racine de cette génération.. ça me fatigue aussi cette image du fainéant qui nous colle à la peau, mais il y a vraiment de quoi être découragé avec tout ce qu’on peut lire ou voir chaque jour sur Internet lorsque l’ont est un peu curieux sur le monde qui nous entoure et qu’on cherche à comprendre pourquoi toutes ces injustices ; et pourquoi l’humain peut vraiment être con dans son égoïsme et son arrogance, se sentant supérieur à tout et maître de ce monde (et de sa nature), qui ne nous appartient pas.

  11. Stéphane · 1 février 2015 Stéphane

    Bonjour Coline,
    Excellent article, merci beaucoup à toi et aux contributeurs qui le traduisez !
    Concernant un élément de la traduction, taunted signifie « provoqué » en anglais. Dans ce contexte, l’auteur utilise le mot « taunted » pour signifier que les GYPSYs sont provoqués en permanence par l’image (erronée) de leurs pairs véhiculée par les réseaux sociaux.

    Etant donné que les GYPSYs manquent de confiance en eux, ceux-ci pensent que ces facades, en apparence vraies, sont des moqueries à leur égard, inconscientes ou non.
    (okay, j’avoue que cette dernière phrase peut paraître bancale…)

    Sur ce, bon dimanche ! ;)

  12. Ben · 1 février 2015 Ben

    Très intéressant cet article.
    Merci pour la traduction, même imparfaite c’est déjà du bon travail !

    Je me sens un peu plus « spécial » en ayant lu ces quelques lignes alors que tant d’autres passeront à côté :)
    C’est aussi cela notre génération, se cultiver, seul, grâce à une connexion à Internet.

    #licorne

  13. Valérie Martin · 1 février 2015 Valérie

    Je suis une génération X version grunge, et il y a un truc qui cloche (une différence de contexte entre l’article d’origine et la France ?) le taux de chômage dans le pays est passé de moins 4% entre le milieu des années 70 à 9% au milieu des années 80 et n’est jamais vraiment descendu depuis. « Alors que les années 70, 80, 90 se déroulaient, le monde est entré dans une période de prospérité sans précédent » je ne vois pas d’où ça sort, vu que les 30 glorieuses ça s’arrête avec les chocs pétroliers de 1973, donc ceux nés dans les années 60 et 70 sont arrivés sur le marché du travail dans un contexte morose où avoir fait des études n’assurait plus nécessairement de trouver un boulot à coup sûr et l’ascenseur social est rapidement tombé en panne (en prime ils ont eu droit au SIDA). La génération X est réellement celle de la souffrance, la génération Y est celle du marasme : depuis qu’ils sont nés leur perspective d’avenir est bouchée donc à moins d’être déconnectés de la réalité ça ne devrait pas trop les surprendre.

  14. Vanille · 2 février 2015 Vanille

    La génération du Baby-boom est née aussitôt après la guerre, c’est-à-dire dans les années 45/50, ce qui fait des « GYPSYS  » la 3ème génération et non la 2ème, qui est née dans les années 60/80;

    Ce qui n’empêche pas ce malaise chez les jeunes qui ont 20 ans depuis 2010..

  15. Auré · 2 février 2015 Auré

    Je comprends mieux le pourquoi du comment de la frustration de mes soeurs, mon copain, ma meilleure pote et aussi, bien sur, ma propre frustration. Cette article résume parfaitement le drame de ma génération, malheureusement…

  16. Wee · 3 février 2015 Wee

    Bonjour ! j’avais lu l’article anglais y’a longtemps, bonne idée de le traduire. Du coup à première vue il y a une petite erreur mineure (elle ne change rien au message de l’article lui-meme)

    Après avoir obtenu leur diplôme d’insupportables hippies (After graduating from being insufferable hippies)

    C’est plutôt « après avoir cessé d’être d’insupportables hippies ». gratuating « from », donc l’idée « s’éloigner de ».

    je voudrais bien lire plus loin mais j’ai un peu sommeil, je rentre du boulot. Merci du votre en tout cas, je vais faire tourner à mes amis non-anglophones.

    • John John · 20 mai 2015 John

      Nope. « Graduating from… » veut bien dire « être diplômé de… ». Exemple: « I graduated from Harvard ». La correction est correcte.

  17. Qyrool · 3 février 2015 Qyrool

    Wouh, super boulot de traduction Coline.
    L’article est intéressant, mais l’auteur commet à mon sens 2 erreurs :
    > Les Y ne sont pas les enfants des bayboomers
    > L’auteur confond malheur et frustration.

    La génération Y a vu ses parents se retrouver au chômage et ne connait qu’un monde en crise depuis qu’il a l’âge de comprendre ce mot. Il sait donc très bien qu’au bout du plateau verdoyant il y a souvent un ravin.
    Je crois que c’est la génération où l’écart entre les attentes et la réalités est le plus faible et non le plus élevé.

    Franchement j’ai l’impression que l’auteur est plus une fille à papa trop gâtée, probablement fille unique, qu’on a élevée comme un princesse plus qu’une représentante de la génération y.

    Cela étant dit j’aime beaucoup le passage sur la timeline Facebook comme nouveau faire-valoir social. Hate de lire la suite !

  18. Mode & tech | les enjeux du futur | Clausette · 3 février 2015 Mode

    […] à notre futur, mais aussi et surtout au futur de notre planète. Parfois même on pense trop, et on n’est pas heureux. Mais notre génération est aussi une génération de doers, d’actifs. Plus de 70% […]

  19. Osef · 4 février 2015 Osef

    Bah oui ça n’a rien a voir avec les taux record de chômage ou l’immobilier que la génération de nos parents essayent de nous vendre 4ou 5 fois le prix d’achat avec nos salaires 50% plus faible… ou tous le merdier qui peu y avoir sur tous les plans et tout ça grace aux générations précédentes… on récupère un système qui s’écroule mais ya que nous que ça inquiète vous serez mort avant que ce soit vraiment le bordel nous non….

  20. Aurelie · 4 février 2015 Aurelie

    Salut!

    J’adore l’article. Je suis bilingue depuis 5 ans et j’habite actuellement a Londres.

    Je voulais juste rectifier une petite chose au niveau de la traduction car il me semble que cela est incorrect: « to feel entitle to something » n’est pas avoir un sens de la justice prononce. Cela veut dire que l’on pense que quelque chose ou quelqu’un nous revient de droit: « to be entitle to something » c’est comme avoir le droit, ou être éligible pour recevoir cette chose (ou faire quelque chose etc.).

    L’article est génial sinon, je me reconnais totalement dedans! Jusqu’à ce que je réalise mon syndrome de Gypsy et réalise que oui je peux avoir une licorne et de l’herbe grasse et oui je peux être spécial mais sans travail je n’ai aucune chance vraiment… Donc je continue de rêver mais je travail a mon rêve cette fois, j’arrête de penser qu’un imprésario va me dénicher et se rendre compte a quel point je suis merveilleuse et utile!

  21. Antoine · 6 février 2015 Antoine

    J’ai trouvé que cet article sonnait vraiment comme un bashing de la gén y, en gros nous sommes des feignasses narcissiques, c’est un peu facile, surtout avec les difficultés de notre époque, là ou, soyons honnête, la génération de nos parents ont connu la belle époque, ou le travail coulait à flot et bien des produits de première nécessité était vendus pour une bouchée de pain (de surcroît, bien des amis m’ont expliqué que leur grands parents leur ont dit qu’en réalité, la génération de nos parents n’étaient vraiment pas aussi bosseuse qu’elle veut bien le dire). En bref je rejoins ce qu’a dit Osef, et j’ajouterais que la génération x, bien moins endurcie que nous, ne serait pas malheureuse mais simplement suicidaire à notre place.

  22. Nos attentes professionnelles sont-elles irréalistes? · 3 mai 2015 Nos

    […] Avec un tel bagage, pas étonnant qu’on soit victimes de nos attentes irréalistes et d’insatisfaction chronique, comme l’illustre de façon condescendante mais pleine d’esprit cet article publié en anglais sur Wait but Why et traduit ici. […]

  23. Pourquoi la génération Y n’est pas heureuse ? | CeuxQuiFont · 9 juin 2015 Pourquoi

    […] adultes. Ambitions radicalement différentes, espérances broyées par un excès de confiance, cet article explique pourquoi toute une génération est en train de tomber de haut. C’est un peu triste […]

  24. indien · 1 août 2015 indien

    Très maladroit de dire que la génération Y arrête de penser qu’elle est spéciale. Ce n’est ni vrai ni faux c’est juste inutile et presque malveillant … La maladresse est un danger

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